Le 2 rue Vivienne, dans le 2e arrondissement de Paris, n’est pas une adresse ordinaire. Ce numéro donne accès à la galerie Colbert, un ancien passage couvert du XIXe siècle reconverti en pôle de recherche dédié à l’histoire de l’art, et à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA). Entre bibliothèque patrimoniale, salles de séminaires et laboratoires de recherche, le lieu concentre des fonctions rarement réunies sous une même verrière.
Galerie Colbert : un passage couvert devenu centre de recherche actif
La plupart des passages couverts parisiens ont conservé une vocation commerciale. La galerie Colbert a suivi une trajectoire inverse. Après un déclin commercial au XXe siècle, le lieu a été restauré et affecté à des institutions académiques.
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Ce qui distingue cet espace aujourd’hui, c’est son usage quotidien comme site de travail universitaire. Plusieurs salles portent des noms de figures de l’histoire de l’art, notamment les salles Grodecki et Vasari, où se tiennent ateliers, séminaires et journées d’étude tout au long de l’année.
La galerie Colbert héberge aussi des composantes de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (UFR d’histoire de l’art et archéologie), l’Institut national du patrimoine (INP) et le Centre André-Chastel. Ce regroupement crée un écosystème où chercheurs, étudiants et professionnels du patrimoine se croisent dans un périmètre restreint.
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| Institution présente | Fonction principale | Public concerné |
|---|---|---|
| INHA | Recherche et bibliothèque en histoire de l’art | Chercheurs, étudiants, enseignants |
| UFR 03 – Paris 1 | Enseignement en histoire de l’art et archéologie | Étudiants (licence, master, doctorat) |
| Institut national du patrimoine | Formation des conservateurs du patrimoine | Élèves conservateurs, professionnels |
| Centre André-Chastel | Recherche en histoire de l’architecture et des arts | Chercheurs, doctorants |
Cette cohabitation institutionnelle explique pourquoi la galerie Colbert n’est pas un lieu de promenade touristique classique, mais un espace de travail académique à accès principalement réservé.

Bibliothèque de l’INHA et salle Labrouste : des collections spécialisées en histoire de l’art
La bibliothèque de l’INHA, accessible depuis le 2 rue Vivienne, occupe des espaces qui faisaient autrefois partie de la Bibliothèque nationale de France. La salle Labrouste, conçue par l’architecte Henri Labrouste au XIXe siècle pour Napoléon III, constitue le cœur architectural de cet ensemble.
Depuis 2017, cette salle accueille la bibliothèque de l’INHA. Le fonds documentaire couvre l’histoire de l’art, l’archéologie, le patrimoine et les archives liées à ces disciplines. Les collections comprennent des documents rares, des revues spécialisées et des ressources numériques en accès catalogué.
La distinction avec la BnF mérite d’être soulignée. Les deux institutions partagent un voisinage géographique (le quadrilatère Richelieu), mais leurs missions diffèrent. L’INHA se concentre exclusivement sur l’histoire de l’art et le patrimoine, là où la BnF couvre l’ensemble du dépôt légal français. Cette spécialisation fait de la bibliothèque de l’INHA une ressource unique pour les chercheurs du domaine.
Ressources numériques et catalogues
L’INHA développe des outils documentaires et numériques destinés à la communauté scientifique. Le catalogue en ligne donne accès aux données bibliographiques de ses collections. Des projets de numérisation rendent progressivement consultables des archives et documents patrimoniaux à distance.
- Catalogues en ligne pour les collections de la bibliothèque, incluant monographies, revues et fonds d’archives
- Outils numériques de recherche développés dans le cadre de programmes scientifiques de l’INHA
- Données de recherche ouvertes sur des thématiques comme l’histoire de l’architecture, les provenances d’œuvres ou l’archéologie
Accès au 2 rue Vivienne : un lieu ouvert sous conditions
L’image d’un bâtiment librement visitable ne correspond pas à la réalité du site. Une partie des espaces est réservée aux étudiants, chercheurs et enseignants. La bibliothèque applique des conditions d’inscription, et les salles de séminaires ne sont pas accessibles au public de passage.
En revanche, des occasions ponctuelles permettent de découvrir les lieux. Les Journées européennes du patrimoine ouvrent certains espaces au public, avec des plages horaires définies et un accès limité à des zones précises. L’INHA organise aussi des rencontres publiques, comme le cycle « Les voix de l’histoire de l’art », qui aborde des thématiques contemporaines, y compris des sujets sensibles comme l’embarras colonial dans les collections muséales.

Formats de médiation et programmation
Le site ne se limite pas à la consultation d’ouvrages. La programmation scientifique et culturelle inclut des formats variés :
- Journées d’étude et colloques dans les salles de la galerie Colbert, avec des intervenants de plusieurs universités françaises et internationales
- Ateliers thématiques, comme ceux consacrés à la numérisation 3D appliquée à la restauration du patrimoine
- Rencontres publiques sur des questions critiques en histoire de l’art, ouvertes à un public plus large que le seul cercle académique
- Expositions temporaires dans les espaces de la bibliothèque, liées aux programmes de recherche en cours
Cette programmation régulière distingue le 2 rue Vivienne d’un simple lieu de conservation. Le site fonctionne comme un centre de production et de diffusion de la recherche, pas uniquement comme un dépôt de collections.
Restauration de la galerie Colbert en 2025 : ce qui change concrètement
La galerie Colbert a fait l’objet d’une restauration menée sous la maîtrise d’œuvre de Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des Monuments historiques. Le mobilier contemporain a été conçu par la designer Constance Guisset.
Cette intervention patrimoniale ne modifie pas la vocation du lieu, mais elle actualise ses conditions d’accueil. Le contraste entre la verrière du XIXe siècle et le mobilier contemporain crée un dialogue architectural que peu de centres de recherche en France peuvent revendiquer.
L’adresse du 2 rue Vivienne reste celle d’un lieu hybride, à la fois monument historique et infrastructure de recherche vivante. Pour les chercheurs en histoire de l’art, c’est une adresse de travail. Pour les passants du quartier Richelieu, c’est une porte d’entrée discrète vers l’un des ensembles patrimoniaux les plus denses du centre de Paris, entre Palais-Royal et anciens bâtiments de la Bibliothèque nationale.

