Fiscalité en Suisse : quel est le niveau d’imposition ?

Un taux d’imposition fédéral maximal de 11,5 % s’applique sur le revenu des personnes physiques, mais chaque canton fixe ses propres barèmes, provoquant des écarts considérables selon le lieu de résidence. À Neuchâtel, par exemple, la charge fiscale peut dépasser de plus de 50 % celle d’un canton voisin comme Zoug.

Les expatriés soumis au régime du forfait fiscal ne paient pas d’impôt sur leur revenu mondial, mais sur leur niveau de vie estimé, une règle unique en Europe occidentale. Quant aux conventions de double imposition, elles modifient sensiblement l’imposition effective selon la nationalité et la provenance des revenus.

Comprendre le système fiscal suisse : impôt sur le revenu et barèmes 2024

La fiscalité suisse repose sur trois piliers : l’impôt fédéral direct (IFD), l’impôt cantonal et l’impôt communal. Chacun de ces niveaux prélève une part distincte, dessinant un paysage fiscal où les taux d’imposition varient largement selon la région. Progressivité affirmée, disparités marquées : d’une commune à l’autre, la pression fiscale peut changer du tout au tout. À Genève, Zurich ou Zoug, le montant prélevé ne sera jamais tout à fait le même.

Chaque canton affine son barème d’imposition : dans des zones comme Neuchâtel ou le Jura, la pression fiscale s’élève bien au-delà des taux constatés à Appenzell Rhodes-Intérieures ou Zoug. Au niveau fédéral, le plafond s’établit à 11,5 %, mais au total, la somme des prélèvements atteint souvent 33 % en moyenne et peut dépasser 43 % dans certaines situations. Il existe donc autant de cas particuliers que de contribuables. Les possibilités de déductions fiscales, frais de transport, garde d’enfants, repas, épargne du 3e pilier, évoluent selon le canton et le statut familial.

Les nouveaux arrivants étrangers, installés depuis moins de cinq ans, voient s’appliquer un barème à la source directement sur leur salaire brut. À certaines conditions, ils peuvent ensuite basculer vers la Taxation Ordinaire Ultérieure (TOU). Du côté des couples mariés, un système de splitting ajuste le taux d’imposition à la composition du foyer. À cela s’ajoutent les centimes additionnels cantonaux et communaux, gérés localement. Cette structure fiscale, progressive et attentive à la situation personnelle de chacun, est orchestrée par l’administration fédérale des contributions et les administrations cantonales, qui veillent chacune à leurs spécificités.

Pourquoi la fiscalité varie-t-elle autant d’un canton à l’autre ? Focus sur Neuchâtel

Les écarts de fiscalité en Suisse surprennent, parfois même entre localités voisines. Cette diversité repose sur un principe simple : chaque canton dispose d’une liberté totale pour fixer ses propres taux d’imposition sur le revenu, ses règles de déductions fiscales et ses dispositifs de redistribution. À Berne, la décision ne se prend pas : elle se joue dans les parlements cantonaux, voire au niveau communal.

À Neuchâtel, les habitants font face à l’un des taux d’impôt sur le revenu les plus élevés du pays. Ce choix s’inscrit dans une politique sociale assumée, où les recettes fiscales financent un large éventail de prestations : subventions aux familles, soutien à la culture, services sociaux de proximité. À l’inverse, des cantons comme Zoug, Schwyz ou Appenzell Rhodes-Intérieures misent sur une fiscalité basse, dans l’objectif d’attirer entreprises et contribuables fortunés.

Canton Taux moyen d’imposition (revenu) Déductions principales
Neuchâtel Élevé (supérieur à la moyenne nationale) Frais de transport, garde, 3e pilier
Zoug Très bas Déductions similaires, seuils plus larges

Par exemple, le canton d’Uri pratique un taux unique de 25,61 %. À Neuchâtel, la progressivité des barèmes s’accentue au fil des revenus : plus le salaire augmente, plus la part reversée au fisc grandit. Ces écarts reflètent des choix politiques et économiques, une démographie particulière ou encore l’étendue des services publics proposés. Les règles de déductions fiscales sont aussi un levier : elles accentuent les différences de charge fiscale d’un canton à l’autre.

Suisse, France, Allemagne : comment se situe la pression fiscale suisse en Europe ?

Comparer la pression fiscale en Suisse avec celle de ses voisins met en lumière sa singularité. Ici, le taux d’imposition maximal sur le revenu plafonne à 43 % dans certains cantons, tandis que la moyenne nationale tourne autour de 33 %. En France et en Allemagne, le pic atteint 45 % pour les hauts revenus, auquel s’ajoutent des prélèvements sociaux conséquents.

Voici comment se répartissent les taux d’imposition dans ces trois pays :

  • Suisse : taux moyen de 33 %, maximum à 43 % selon le canton.
  • France : maximum de 45 % sur le revenu, prélèvements sociaux en supplément.
  • Allemagne : maximum de 45 %, sans oublier la solidarité et l’assurance maladie.

La Suisse se distingue par la progressivité de son système et par une vraie décentralisation. D’un canton à l’autre, la facture fiscale change parfois radicalement. Ce découpage tranche avec la centralisation française. En Allemagne, la fiscalité reste fédérale, mais les marges de manœuvre des Länder ne rivalisent pas avec celles des cantons helvétiques.

Autre différence : la Suisse offre des déductions fiscales relativement généreuses et évite d’y ajouter des cotisations sociales aussi lourdes que chez ses voisins. Résultat : une fois tous les prélèvements additionnés, la charge supportée reste souvent plus modérée que celle imposée en France ou en Allemagne. Pour les contribuables à hauts revenus, la Suisse conserve ainsi un fort pouvoir d’attraction, surtout dans les cantons réputés pour leur fiscalité légère.

Femme suisse en costume consultat un tablet devant un bâtiment municipal

Expatriés et nouveaux arrivants : ce qu’il faut savoir sur l’imposition en Suisse

S’installer en Suisse, c’est faire face à un système fiscal tripartite : fédéral, cantonal et communal. Ce découpage, rare en Europe, oblige à naviguer entre des barèmes multiples. Les résidents étrangers récents sont généralement soumis à l’impôt à la source : l’employeur prélève l’impôt sur le salaire brut, selon un barème spécifique au canton de travail. Après cinq ans de résidence ou l’obtention du permis C, le passage à la taxation ordinaire ultérieure (TOU) aligne la situation fiscale sur celle des citoyens helvétiques.

Pour les frontaliers, la convention fiscale franco-suisse organise la répartition de l’imposition : la plupart du temps, le frontalier reste imposé en France, mais à Genève, l’impôt à la source suisse s’applique, assorti d’un crédit d’impôt accordé par la France pour éviter la double imposition. La déclaration de revenus reste à effectuer auprès de l’administration fiscale française, qui exige la transmission de l’attestation 2041-AS à l’employeur suisse.

La fortune ne passe pas inaperçue non plus : la Suisse applique un impôt sur la fortune, avec un taux moyen autour de 0,20 % selon le canton. En France, c’est l’immobilier qui est ciblé via l’IFI, même pour des biens situés en Suisse. Côté plus-values mobilières, la Suisse prévoit une exonération sous conditions, tandis que les plus-values immobilières restent taxées selon la durée de détention et les règles du canton. Enfin, pour les donations et successions, les époux et descendants bénéficient d’une exonération presque systématique, sauf exceptions locales.

Choisir sa résidence en Suisse équivaut à choisir son régime fiscal. Derrière chaque canton, une fiscalité, une vision, un mode de vie. À chacun de jouer la carte qui lui convient, dans un pays où la fiscalité s’ajuste au millimètre à chaque parcours.

A ne pas manquer